Paysages en dialogue

Il est 10h du matin et c’est plein d’entrain que nous ouvrons la marche. Les sourires font honneur au beau temps qui nous gâte, tout ça annonce une balade riche en bonne humeur. Le début de la randonnée est le moment opportun pour Thierry, habitant de La Lande de Goult et amoureux de sa commune, de nous faire part des petites légendes et histoires du village. La Lande de Goult ? Glande de Loup ? Le loup était là ? Mais où est-il maintenant ?… Nous voici dans la forêt d’Ecouves, les chemins creux nous cachent encore les vestiges de nos ancêtres et les preuves d’une activité agricole présente jadis. 

 

Plus on avance, plus la présence de la faune se fait savoir, au grand bonheur de Nicolas, notre shooter d’animaux (shoot photo!). Il nous a appris à différencier des empreintes, reconnaître différentes espèces… Après une escale à la ferme de la Tuilerie où nous avons rencontré Sylvain Cosson, membre de l’association Terre de liens et suite au referendum pour déterminer si nous devions nous arrêter ou pas à la foire aux chevaux, nous voilà en route vers la pause pique-nique. Deux kilomètres plus loin et 200 gargouillements plus tard, Sylvie et Christian nous accueillent dans leur joli jardin rempli de charme où il faisait bon déchausser les chaussures et jeter son bâton. Les sandwichs sont les bienvenus et les sourires sont toujours présents sur les visages des randonneurs.

 

 

Le repas fini, il est temps de repartir. C’est maintenant au tour de Jean-Yves Simon, lui aussi habitant de la commune et technicien de l’Office National des Forêts de nous parler de sa forêt. On en apprend beaucoup sur les arbres, leurs différences, leurs différents parcours. On a vraiment en face de nous un professionnel et surtout un grand passionné de sa forêt qu’il parcourt de sentiers en sentiers depuis 35 ans.

 

La dernière partie de la balade est maintenant l’occasion pour Nicolas Blanchard, alençonnais, de nous faire part de sa passion pour la photographie animalière et des rencontres qu’il a pu faire en Ecouves. Et il n’est pas venu les mains vides ! Nous avons pu observer de près des bois de cerfs, des plumes de différentes espèces, quelques clichés qu’il a pu immortaliser sur le territoire et tout son attirail technique digne d’un soldat commando, camouflage oblige ! Il est temps maintenant de rentrer au chalet, mais pas sans passer par le prieuré de Goult riche en histoire ainsi que par la chapelle St Michel qui nous offre du haut de sa butte une vue inqualifiable sur le territoire de la Lande de Goult et ses environs. Une dernière descente, et nous voilà à notre point de départ, c’est des images plein la tête, avec de nouvelles connaissances, un petit mal de jambes (il ne faut pas le nier) que nous nous préparons à passer une soirée autour d’un bon buffet de produits locaux et en compagnie de musiciens afin de finir la journée sur une bonne note.

MG

 

Agri/cultures

 Vous n’avez peut-être pas encore entendu parlé de cette commune d’à peine 600 habitants à 12 kilomètres d’Argentan, mais ces soirées sont, on l’espère, deux très bonnes raisons pour vous y rendre. Lors des ateliers menés à l’école, si les enfants n’avaient « pas assez de place sur la feuille pour dessiner les hameaux et les champs », c’est pourtant là le fil conducteur de notre présence à Boucé : avec plus de 1900 hectares de surface agricole utilisée, nous essayons de comprendre comment vit cette commune rurale parmi d’autres aujourd’hui. Ces deux soirées, les mercredis 7 et 14 mai, autour de deux documentaires, « Herbe » de Mathieu Levain et Olivier Porte ainsi que « Il a plu sur le grand paysage » de Jean-Jacques Andrien sont donc autant d’excuses pour voir des images parlantes et pertinentes sur des sujets que l’on aimerait partager avec vous : le métier d’agriculteur et ses transformations qui ont eu lieu ces cinquante dernières années.

De nouveaux documentaires touchant aux questions de la ruralité seront sûrement projetés en novembre. Si vous avez des souhaits particuliers, n’hésitez pas à nous contacter !

Par la même occasion, nous souhaitons remercier vivement Maxime Marie, maitre de conférence en géographie à l’Université de Caen pour son énergie et son investissement pour ces soirées. Et comme pour chaque intervention à Boucé, toute l’équipe municipale et surtout Anne Vannoorenberghe pour sa bienveillance à notre égard.

BK

Boucé, dans 20 ans ?

Et vous, comment imaginez-vous votre commune dans 20 ans ? On a pu remarquer un vif intérêt pour les dessins de « Boucé dans 20 ans » imaginés par les enfants. Après être passés de mains en mains dimanche 27 avril, ils peuvent désormais être consultés dans les commerces ! Ceux représentant l’épicerie Dumaine sont à la pharmacie ; et ceux de l’entrée du bourg, du bocage et de la plaine, sont dans la boutique du garage Citroën, à l’entrée de la commune, route de Carrouges.

LS

 

 

 

 

Boucé, mon paysage – Vernissage

Le dimanche 27 avril c’est le vernissage des travaux des élèves de CE2, CM1 et CM2 de l’école primaire de Boucé, issus des ateliers cartographiques imaginés et animés par Louise Sagot et Lucie Poirier – géographes. Les habitants ont pu découvrir les cartes mentales dans les rues de la commune ainsi que dessins et frises réalisés à la peinture, à 2 ou 8 mains, dans les commerces. Les idées ont fusé laissant libre cours à leurs sentiments et leurs envies sur le devenir de la commune, car on le sait, la vérité sort de la bouche des enfants… Enfants, parents et grand parents, environ 80 personnes étaient réunies pour ce rendez-vous assez unique… 

Il est 11h, la cloche de l’église retentit, c’est l’heure pour les Boucéens de découvrir les œuvres par le biais d’une petite balade guidée par Louise, qui a conçu le travail d’atelier avec la complicité des institutrices et Brent de l’association Transat Projects.

Afin de célébrer le début de l’exposition, un pot est offert pour un moment d’échange agréable avec les parents, élèves et anciens du village quelques fois surpris et enjoués par les idées des enfants. Les œuvres sont exposées jusqu’au 6 juillet et notre livre d’or, intitulé « Et vous, comment voyez-vous Boucé dans 20 ans ? », sera mis à disposition à l’occasion de la fête de l’école le 27 juin si jamais quelques idées font surface…

 

Pour découvrir en marchant cette exposition : 40 dessins sont accrochés en extérieur dans huit emplacements distincts de la commune, et plus de 50 sont exposés dans les vitrines des particuliers, des commerçants, dans la salle d’attente du médecin…   

Un grand merci pour leur coup de main précieux et de dernière minute à Anne, Jacky, Isabelle, Yannis, Jérôme, Philippe, Laure et notre stagiaire Mathieu. Merci également aux commerçants et habitants qui ont accepté d’exposer les œuvres dans leur vitrine ou sur leur grillage pour deux mois. Et merci à Fabien Lefèvre de Big Events pour son professionnalisme jusqu’au jour J.

MG

 

Boucé, mon paysage

Qui de mieux que les enfants pour nous donner un aperçu de l’avenir qui nous attend ?
Trois ateliers ont eu lieu au groupe scolaire de Boucé avec les classes de CE2 – CM1 et CM2 autour de la notion de paysage. En partageant la vision qu’ils ont de la commune « vue du ciel », les 48 élèves nous ont proposé autant de regards sur l’espace qui les entoure. De « la maison au toit de chaume », aux « 6 mousses sur le trottoir », c’est souvent par leurs trajets quotidiens qu’ils font à pied, en vélo, et surtout en voiture, qu’ils ont partagé les différents repères qu’ils ont dans la commune, comprenant ainsi que nous avons tous une perception différente de notre environnement. Et comme « c’est mieux que la géographie ! », nous avons pu identifier et discuter des points communs et de la diversité des espaces représentés, mettant ainsi en lumière les caractéristiques de la commune, et révélant quel pourrait en être l’avenir. S’il est sans doute vrai que « les adultes ils imaginent peut-être moins de choses, et qu’ils sont peut-être déjà plus réalistes que nous… », les enfants ont fait part de leurs préoccupations ou celles de leur entourage à travers le dessin et la peinture, pleins de bon sens et de réflexion, sans mettre de côté leur imagination.

atelier du 4 avril au groupe scolaire de Boucé

Espace vécu, imaginé et réel, c’est ici un focus que nous faisons sur la commune de  Boucé, riche de sa dynamique villageoise et commerçante. Puisque c’est bien une des questions que nous nous posons… Que deviendront ces petites communes rurales dans 20 ans, 50 ans, 100 ans ?

« – La vache dans 20 ans elle ne sera sûrement plus là !
- Si ça s’trouve Boucé ça n’existera plus dans 100 ans !?
- Bah si, bien sûr !
- Pourquoi ?
- Bah parce que Boucé c’est un p’tit village mais peut-être qu’au fur et à mesure ça va devenir une ville, ça va s’agrandir… Y’a encore de quoi faire, mais faudra garder des forêts pour le bois et tout ça… »

Source de sincérité et d’imagination, la spontanéité était bien au rendez-vous !
 
Paysage

Au commencement …

Après plusieurs mois et maintes rencontres, discussions, bifurcations – artistico, géo, socio, politco…, nous avons eu un joli rappel des origines de ce projet, Prémices, imaginé avec Gaël Avenel – paysan bio qui cultive ses parcelles de blé (panifiable et du triticale pour l’alimentation du bétail) et du maïs sur la plaine de Sées. Dès l’origine de cette première rencontre, en avril 2013, il a été question des haies. Des haies dont on a subventionné, jadis, la destruction et dont on finance aujourd’hui la replantation. L’époque tournée vers la modernité toujours plus efficace, toujours plus productive, vers le “tout agrico-industriel” ne se relève pas toujours gagnante sur le long terme…
Sur une longueur de 2,6 kilomètres, ont été plantés, en mars dernier, des arbres de grande taille (chênes, merisiers) et des arbustes tous les mètres entres ces arbres.

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C’est justement à partir de ces haies, qui viennent d’être plantées avec le soutien du département de l’Orne, l’Europe et la commune de Montmerrei, que nous allons lancer un appel à projet auprès d’artistes et d’architectes pour la construction d’un abri poétique. Un lieu de repos, de pédagogie, l’objet d’une balade d’un dimanche pour apprécier la vue panoramique depuis la plaine, pour sentir les enjeux des bienfaits pour le sol, les céréales, la biodiversité… Et dans quinze ans, les rotations de coupes de recépage vont pouvoir commencer à fournir du bois déchiqueté, lequel sera, on l’espère, utilisé pour fournir des compléments d’énergies renouvelables locales…

Avec nos remerciements au “petit frère” Clément Sagot, pour les images.

Entre Digulleville et Vauville – landes, kiwis, lancewood et palmiers

Nos recherches – vastes et variées – pour La Ligne ne se passent pas toujours dans les ateliers des artistes ou des bureaux, mais aussi à pied au côté d’habitants. Lors d’un récent séjour au cap de la Hague (nord Cotentin), nous avons eu plusieurs occasions de sortir l’appareil photo, au fur et à mesure que les langues se déliaient. Ainsi nous avons eu envie de partager quelques images de ces balades et repérages à Digulleville et dans la lande de Vauville. Chaque fois accompagnés par des personnes en osmose avec leur commune, deux « guides » de générations différentes et sans surprise impliqués dans la vie politique locale, férus d’histoire et connaissant tout le monde. Merci à Guy Herout d’avoir partagé Digulleville, l’histoire du patrimoine bâti de sa commune, ses corsaires, ses sentiers et cactus avec nous.

Nous avons eu, de première main, la preuve d’un microclimat très particulier sur le cap ; les kiwis poussent depuis l’époque où ces fruits s’appelaient groseilles de Chine, ainsi qu’un arbre, cette fois-ci unique à la Nouvelle Zélande, le Lancewood ou l’Horoeka en maori.

Nous avons découvert aussi quelques exemples urbanistiques qui témoignent de la motivation des architectes et artisans à faire le mieux pour créer des logements sociaux ou tout simplement un abri bus !
Et le lendemain, tous nos remerciements à Fany Quesnoy qui, grâce aux conseils de Jean, nous a conduit sur un circuit “sur mesure” entre Vauville et les landes environnantes. Une balade entre les highlands écossais et un bout de Californie habité par les français !


Le tout mis en place avec l’estimable complicité de Fabienne Cosset.

Où pourrions-nous marcher ensemble ?

Afin de commencer notre week-end du 14 et 15 juin sur la commune de La Lande de Goult avec du concret, du vécu, avant d’aborder des questions légèrement plus abstraites autour de la transformation des paysages, nous vous convions à une balade / randonnée accompagnée par plusieurs acteurs locaux. Des personnes entretenant des liens quasi viscéraux aux paysages de la forêt, des pâtures, des sentiers historiques et contemporains, avec les bâtis écologiques et  ecclésiastiques… Pour choisir une boucle intégrant le plus de détails  – tant esthétiques que révélant un paysage en transformation –  nous avons bravé un temps particulièrement normand en repérage la semaine dernière.

En espérant que les routes et sentiers seront moins boueux le jour J !

Clochers en repérage

Les repérages conduits par Transat Projects ces derniers mois dans l’Orne pourraient prêter à confusion quant à nos projets à venir ! Quitterions-nous notre statut d’association laïque ?


Accompagné par la bonne patte et surtout le bon œil de Christophe Bouder – photographe et enseignant caennais avec qui nous avons déjà travaillé, notamment pour la production d’œuvres lors du festival Ondulations à la Roche qui boit en 2006, ou à 3×2 au Pavillon Normandie à Caen pour célébrer nos quinze ans en 2009 -, nous poursuivons nos rencontres avec les habitants et acteurs de terrain. Nos cheminements nous conduisent à un repérage d’une trentaine de chapelles situées dans les 15 kilomètres autour de La Lande de Goult, dans le but d’un projet très simple – et forcément compliqué – sonoriser et spatialiser la campagne. Rendre le paysage visible, audible. Vous ne connaissez probablement pas encore ce village, mais nous vous donnons rendez-vous prochainement en juin et directement sur place…

 

 

 

 

À la cime des champs

La classe de DATR 1 (Développement et Animation des Territoires Ruraux) du lycée agricole de Sées, dans le cadre de leur MIL ECLA (Module Initiative Locale/Expression Corporelle Langagière et Artistique) ont eu l’occasion d’être des partenaires de Transat pour les Prémices.
Le thème de leur semaine était le slam, pas le slam urbain de Grand Corps Malade mais le slam rural ayant pour thème « la terre, les arbres, la vie ».
Pendant une semaine ils ont étudié la théorie de cette pratique en compagnie de leur professeur et de Marion Bigot-Flambard, l’intervenante slam qui a pu les coacher durant la semaine sur les travaux d’écriture et d’expression scénique. La partie pratique de la semaine s’est déroulée au sein de la ferme Saint-Yvière et la ferme du Camp situées à Montmerrei afin d’offrir aux étudiants un espace tranquille et propice à l’écriture des textes compte tenu du thème approché.
C’est entre les murs de la vieille ferme familiale proposant aussi des gîtes et en compagnie de vaches, poules et cochons que les élèves ont pu rencontrer Gaël Avenel, un céréalier bio engagé dans la transition vers une agriculture durable et pu découvrir ses haies fabriquées en plessage, une pratique ancestrale de plantation de haies.
A la fin du séjour, fruit de bons textes et de bons souvenirs, les étudiants ont eu l’occasion (non sans stress) de restituer leurs créations devant une classe de seconde du lycée agricole et devant un plus grand public au cinéma Rex de Sées, précédent la projection d’un film d’animation de Frédéric Back « L’homme qui plantait des arbres ».
Les étudiants ont retenu de cette semaine riche en partage, de bons souvenirs et le plaisir de pouvoir se produire de manière artistique devant un public conquis et partager leur vision de la campagne et de ce qu’elle leur procure.

Mathieu – étudiant/slameur

En images prises par Catherine Gier (enseignante en BTS Développement animation des territoires ruraux ), la création slam et sa préparation de Marion Bigot-Flambard et des étudiants qui a été présentée publiquement le 20 janvier dans les classes et le jeudi 23 janvier au cinéma Rex (Sées) à l’occasion de la projection publique de « L’Homme qui plantait des arbres » de Frédéric Back, accompagnée par une création slam de Marion Bigot-Flambard et des étudiants.