Boucé, mon paysage

Qui de mieux que les enfants pour nous donner un aperçu de l’avenir qui nous attend ?
Trois ateliers ont eu lieu au groupe scolaire de Boucé avec les classes de CE2 – CM1 et CM2 autour de la notion de paysage. En partageant la vision qu’ils ont de la commune « vue du ciel », les 48 élèves nous ont proposé autant de regards sur l’espace qui les entoure. De « la maison au toit de chaume », aux « 6 mousses sur le trottoir », c’est souvent par leurs trajets quotidiens qu’ils font à pied, en vélo, et surtout en voiture, qu’ils ont partagé les différents repères qu’ils ont dans la commune, comprenant ainsi que nous avons tous une perception différente de notre environnement. Et comme « c’est mieux que la géographie ! », nous avons pu identifier et discuter des points communs et de la diversité des espaces représentés, mettant ainsi en lumière les caractéristiques de la commune, et révélant quel pourrait en être l’avenir. S’il est sans doute vrai que « les adultes ils imaginent peut-être moins de choses, et qu’ils sont peut-être déjà plus réalistes que nous… », les enfants ont fait part de leurs préoccupations ou celles de leur entourage à travers le dessin et la peinture, pleins de bon sens et de réflexion, sans mettre de côté leur imagination.

atelier du 4 avril au groupe scolaire de Boucé

Espace vécu, imaginé et réel, c’est ici un focus que nous faisons sur la commune de  Boucé, riche de sa dynamique villageoise et commerçante. Puisque c’est bien une des questions que nous nous posons… Que deviendront ces petites communes rurales dans 20 ans, 50 ans, 100 ans ?

« – La vache dans 20 ans elle ne sera sûrement plus là !
- Si ça s’trouve Boucé ça n’existera plus dans 100 ans !?
- Bah si, bien sûr !
- Pourquoi ?
- Bah parce que Boucé c’est un p’tit village mais peut-être qu’au fur et à mesure ça va devenir une ville, ça va s’agrandir… Y’a encore de quoi faire, mais faudra garder des forêts pour le bois et tout ça… »

Source de sincérité et d’imagination, la spontanéité était bien au rendez-vous !
 
Paysage

Au commencement …

Après plusieurs mois et maintes rencontres, discussions, bifurcations – artistico, géo, socio, politco…, nous avons eu un joli rappel des origines de ce projet, Prémices, imaginé avec Gaël Avenel – paysan bio qui cultive ses parcelles de blé (panifiable et du triticale pour l’alimentation du bétail) et du maïs sur la plaine de Sées. Dès l’origine de cette première rencontre, en avril 2013, il a été question des haies. Des haies dont on a subventionné, jadis, la destruction et dont on finance aujourd’hui la replantation. L’époque tournée vers la modernité toujours plus efficace, toujours plus productive, vers le “tout agrico-industriel” ne se relève pas toujours gagnante sur le long terme…
Sur une longueur de 2,6 kilomètres, ont été plantés, en mars dernier, des arbres de grande taille (chênes, merisiers) et des arbustes tous les mètres entres ces arbres.

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C’est justement à partir de ces haies, qui viennent d’être plantées avec le soutien du département de l’Orne, l’Europe et la commune de Montmerrei, que nous allons lancer un appel à projet auprès d’artistes et d’architectes pour la construction d’un abri poétique. Un lieu de repos, de pédagogie, l’objet d’une balade d’un dimanche pour apprécier la vue panoramique depuis la plaine, pour sentir les enjeux des bienfaits pour le sol, les céréales, la biodiversité… Et dans quinze ans, les rotations de coupes de recépage vont pouvoir commencer à fournir du bois déchiqueté, lequel sera, on l’espère, utilisé pour fournir des compléments d’énergies renouvelables locales…

Avec nos remerciements au “petit frère” Clément Sagot, pour les images.

Entre Digulleville et Vauville – landes, kiwis, lancewood et palmiers

Nos recherches – vastes et variées – pour La Ligne ne se passent pas toujours dans les ateliers des artistes ou des bureaux, mais aussi à pied au côté d’habitants. Lors d’un récent séjour au cap de la Hague (nord Cotentin), nous avons eu plusieurs occasions de sortir l’appareil photo, au fur et à mesure que les langues se déliaient. Ainsi nous avons eu envie de partager quelques images de ces balades et repérages à Digulleville et dans la lande de Vauville. Chaque fois accompagnés par des personnes en osmose avec leur commune, deux « guides » de générations différentes et sans surprise impliqués dans la vie politique locale, férus d’histoire et connaissant tout le monde. Merci à Guy Herout d’avoir partagé Digulleville, l’histoire du patrimoine bâti de sa commune, ses corsaires, ses sentiers et cactus avec nous.

Nous avons eu, de première main, la preuve d’un microclimat très particulier sur le cap ; les kiwis poussent depuis l’époque où ces fruits s’appelaient groseilles de Chine, ainsi qu’un arbre, cette fois-ci unique à la Nouvelle Zélande, le Lancewood ou l’Horoeka en maori.

Nous avons découvert aussi quelques exemples urbanistiques qui témoignent de la motivation des architectes et artisans à faire le mieux pour créer des logements sociaux ou tout simplement un abri bus !
Et le lendemain, tous nos remerciements à Fany Quesnoy qui, grâce aux conseils de Jean, nous a conduit sur un circuit “sur mesure” entre Vauville et les landes environnantes. Une balade entre les highlands écossais et un bout de Californie habité par les français !


Le tout mis en place avec l’estimable complicité de Fabienne Cosset.